L’ADDICTION VUE PAR LE PRISME DU «SURVISME» (PART. 2)

L’ADDICTION VUE PAR LE PRISME DU «SURVISME» (PART. 2)

Dans la première partie j’ai expliqué les éléments en présence, les mécaniques et les motivations.
Comme vous l’avez lu, il n’y a aucun besoin d’ajouter des éléments parasites comme par exemple, «la bonne morale».

Une mécanique en conscience

D’abord, il paraît essentiel de prendre conscience des mécaniques tout en restant à « l’extérieur », comme derrière une vitre protectrice, sans « se voir » inclus dans cette mécanique.
Ensuite, pour voir si je suis concerné par cette mécanique, je me pose le plus objectivement possible la question suivante : « Ma focalisation est-elle une addiction ? »
Si la réponse est positive, commencer par dédramatiser semble être ce qu’il y a de plus sage. Tout peut évoluer, une vision optimiste aidera certainement à avancer.

Toutefois, quand on est dépendant d’une drogue (cocaïne, alcool, cigarette, etc.) et que cette drogue agit sur nos comportements (dépendance chimique), il est essentiel de se faire aider pour se sevrer.
Les raisonnements ne suffisent généralement pas. Surtout si on n’a pas compris pourquoi on a besoin de cette drogue.

Une « survie » illusoirement assurée

Pourtant, ce n’est pas parce qu’on a le sentiment d’assurer notre « survie », que pour autant, on assure réellement notre « survie ». La prise de produits nocifs mène à l’inverse.
La drogue apporte un sentiment de bien-être qui annule (ou amoindrit) un sentiment de mal-être.
Ce sentiment de mal-être est fonction du vécu de chacun, la liste de toutes les possibilités peut être longue et variée. On peut citer comme exemple le sentiment d’abandon qui est très répandu.
Face à ce mal être, la solution peut-être de « se droguer ».

Continuer quand on sait que ça fait plus ou moins mal…

Parfois même si on sait que c’est mauvais pour soi on continue à se droguer.
Tout d’abord, pour certaines drogues, il y a une dépendance chimique qui génère le « manque ».
D’autre part, il y a des personnes qui pensent que se faire du mal est normal et juste.
Elles se dévalorisent et pensent ne pas être « quelqu’un de bien » et donc, qu’elles méritent d’être « punies » et qu’elles doivent souffrir. C’est ainsi qu’on recrée de l’harmonie : coupable = punition.

La maladie tord la réalité tout en ayant « sa logique » qui assure la « survie » de la personne qui s’auto-détruit. Ainsi, elle recrée de l’harmonie, les choses sont à leur place : un(e) coupable doit être puni(e).
Évidemment, c’est une maladie, une erreur. Personne ne mérite de souffrir. [Se] Torturer ne permet pas de retour dans le passé pour changer les choses et ne permet pas de créer une réelle harmonie. C’est une illusion de justice.

Ce n’est pas évident de « s’auto-déculpabiliser », de faire un travail sur soi, de comprendre qu’il y a d’autres manières de voir la situation et d’autres façons de changer cette situation qui nous fait souffrir.
Encore une fois, changer les choses déjà réalisées, est une illusion. Mais les regarder sous un angle nouveau avec l’aide d’autres points de vue que le sien en se pardonnant de s’être trompé et en construisant un lendemain serein, peut être libérateur (il faut éviter l’isolement mental qui est facteur de distorsion de la réalité).

Exemple : le sentiment d’être abandonné sans cesse

Il est fort probable que ce sentiment ait une première cause réelle ou du moins dont les faits peuvent être interprétés comme réels (le divorce des parents, l’abandon incompréhensible de l’élu de son cœur, la disparition d’un être cher, etc.).

Si ce sentiment s’est généralisé, c’est peut-être par impossibilité à relativiser notre place dans le monde ou par facilité et économie intellectuelle. Répondre toujours de la même manière à différentes questions évite de faire tourner notre cerveau et de dépenser de l’énergie.
Pourtant, rencontrer des personnes pour faire leur connaissance est tout à fait réalisable en allant, par exemple, dans une association sportive ou autre, en partageant ses passions, etc.
« Faire la connaissance » de quelqu’un est à l’opposé du sentiment d’abandon et permet de rééquilibrer positivement le solde de personnes autour de nous en ayant des amis.

Mais certaines personnes peuvent tomber dans une focalisation abusive qui ancre la croyance que la personne perdue était plus importante que tout le reste du monde…
Lorsque notre monde, notre cercle, se limite à une seule personne ou un seul groupe restreint de personnes alors que le monde est peuplé d’environ sept milliards d’individus, c’est restrictif. Nous avons forcément la possibilité de vivre avec quelqu’un dans d’excellentes conditions.

Notre «survie» passe par des milliards de possibilités différentes

Tout n’est qu’équilibre : être intransigeant et se retrouver seul ou, être trop laxiste et ne plus être soi-même.
Plus on est intransigeant, plus on réduit la partie du monde compatible, mais inversement, plus on accepte tout de l’autre, et moins on a l’impression d’être aimé pour ce que l’on est parce qu’on a écrasé ses propres réactions.
Si on est «quitté» par une personne, ce n’est pas nécessairement parce que nous ne sommes pas quelqu’un de bien mais plutôt parce que l’harmonie ne peut apparemment pas se faire; les valeurs dominantes des deux personnes ne sont pas les mêmes.
Si la personne qui nous manque trop, est décédée, comprendre que cette «survie» qu’elle nous apportait n’est pas unique (même si chacun est «unique»).
Notre «survie» passe par des milliards de possibilités différentes.

Accepter de remettre en cause

L’addiction n’est au final pas très compliquée à comprendre dans sa mécanique. Le plus dur est d’avoir du recul sur sa situation, et d’accepter de remettre en cause les choses auxquelles on s’est trop accroché de peur de tout perdre si ces dernières disparaissent.
L’idiotie, ce n’est pas se tromper de chemin, car les échecs sont naturels et permettent d’améliorer nos connaissances.
L’idiotie c’est continuer à se tromper de chemin alors qu’en regardant vraiment bien, on découvre d’autres voies pour construire son bien être.

« Une VIE pleine de SENS ! » communique sur les thèmes de la dépendance et du développement personnel.
L’objectif de ce site est de proposer des ressources pour aider ceux qui le souhaitent à se défaire durablement d’une addiction, grâce entre autre, à une meilleure compréhension des mécanismes de la dépendance et l’utilisation d’outils de développement personnel, afin d’agir de manière concrète et tangible.
Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de la santé. Les auteurs des textes de ce site ne sont pas des professionnels de la santé, sauf ceux identifiés, présentés et reconnus comme tels. L’intérêt que vous leur accordez ne doit pas vous dispenser de faire bon usage de votre discernement, de vos expériences personnelles et de votre esprit critique.

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