L’ADDICTION VUE PAR LE PRISME DU «SURVISME» (PART. 1)

L’ADDICTION VUE PAR LE PRISME DU «SURVISME» (PART. 1)

Le «survisme» est une approche de la psychologie humaine.
Entendez par psychologie la façon qu’a notre cerveau de comprendre le traitement de l’information à chaque seconde, ainsi que les mécaniques de la pensée.
Il ne s’agit donc pas d’établir «le bien ou le mal» qui sont des notions philosophiques propres à chacun.
Cette approche du «survisme» dit que notre cerveau ne répond qu’à une seule et unique question : «Est-ce que l’information que je reçois (de mes 5 sens et de mon imaginaire) assure ma «survie» ou la menace ?».
Et par extension : «Je fais ce qui assure ma «survie», je ne fais pas ce qui la menace.»

Le «survisme» permet d’aller à la source de notre psyché

On pourrait penser que le «survisme» est une approche réductrice, contradictoire avec les comportements autodestructeurs, mais ce n’est pas le cas. À l’image de l’informatique, dont la base est faite de «zéro» et de «un» permettant ensuite de faire du son, de l’image, des calculs très complexes, le «survisme» a comme base «survie/pas de survie», d’apparence binaire, mais qui permet d’aller à la source de notre psyché complexe.

Le «survisme» ne s’occupe que de psychologie. Bien que prenant en compte les interactions chimiques du cerveau, il ne faut pas confondre en matière d’addiction, dépendance chimique (à des drogues) et dépendance psychologique. Le «survisme» ne s’occupe que de la partie analyse psychologique.

Exemple concret : Une personne dépendante à son téléphone portable et aux réseaux sociaux

En quoi est-ce que ce comportement semble assurer sa «survie» ?
Le téléphone/réseaux sociaux apportent un contact avec les autres dans deux sens :
1/ Les autres peuvent me contacter facilement.
2/ Je peux contacter les autres facilement.

Ces deux flux donnent l’impression d’exister et peuvent amoindrir la peur d’être seul, un manque de reconnaissance et/ou d’existence, une envie de servir à quelque chose, du mal à gérer l’ennui, etc… Ces deux flux assurent donc la «survie» car, au sein du groupe plus ou moins virtuel, je me sens moins vulnérable.
Lorsque j’ai «plein d’amis», je peux me sentir «le centre du monde» (sentiment de «survie» assuré au maximum).

Un monde plus vaste que l’ego

Cette recherche peut être liée à «l’ego de bébé» qui, à sa naissance, est «le centre du monde» car c’est un être fragile et vulnérable dont tout le monde s’occupe.
Normalement, cette recherche à être «le centre du monde» (qui a pris la forme de crier dès que ça ne va pas, sourire pour attirer la bienveillance, etc.) s’estompe avec la prise de conscience que le monde est vaste, plus vaste encore à chaque nouvelle connaissance que l’on assimile. En effet, les cercles s’élargissent et passent de papa/maman à mes grands-parents, mes copains/copines, les gens du village ou du quartier voisin, mon pays, la planète, la planète dans le système solaire, le système solaire parmi des centaines de milliards d’autres systèmes…

Comment gérer ces différents cercles ? Une fois de plus, cela dépend de notre façon de gérer les «menaces sur ma survie». Lorsqu’une personne est saturée par trop de diversité, trop de monde, (nuisant à sa «survie»), elle se recentrera sur des cercles plus «maîtrisables» comme la famille, le quartier, etc.
À l’inverse, lorsque cette personne se sentira «enfermée» dans son cercle, étouffée (sentiment de prison nuisant à sa «survie»), elle cherchera à agrandir son cercle de vision du monde.

Différentes motivations

La recherche de connectivité peut être également liée à un besoin de connaissances supplémentaires. Le cerveau tourne en permanence, alors il va chercher des choses nouvelles pour augmenter sa «base de données», sa «bibliothèque», sa capacité à savoir réagir correctement quelle que soit l’information qui lui parvient.

La recherche de connectivité peut également être motivée par «voir quelque chose qui me plaît» contrairement à ce que je vois dans le monde réel, qui là, me déplaît. C’est ainsi qu’on assiste à la mode des «chatons mignons» qui apportent un apaisement. Il peut également rechercher toujours la nouveauté pour fuir sa propre existence. La recherche d’informations nouvelles peut satisfaire une angoisse de louper une menace capitale, le dernier attentat, la dernière petite phrase, le dernier gag, etc. (phénomène FoMO (Fear of Missing Out) : La peur de rater quelques chose) Car, s’il y a des menaces à éviter ou des choses bien à obtenir, je veux les éviter ou les obtenir, c’est capital pour ma «survie» !

Des «cartes» du monde différentes

Notre cerveau classe les informations qu’il reçoit et ce qu’il perçoit du monde extérieur en constituant des «cartes». Avoir des «cartes» assure généralement mieux notre «survie» plutôt qu’être perdu.

Il y a trouble mental lorsque notre cerveau crée un monde à l’intérieur, qui n’est pas en phase avec la réalité extérieure. De ce décalage naît la souffrance surtout si on le ressent consciemment ou pas.
Chacun voit le monde avec sa «carte» (culture, éducation, croyances, etc.) mais plus il y aura de décalage entre le monde intérieur et extérieur, plus il y aura «trouble sévère».

Par exemple, si une personne voit des dangers partout et interprète ces menaces comme volontairement destinées à lui faire mal et à la détruire, elle sera diagnostiquée paranoïaque.
La «carte» qu’elle se sera construite sera «fausse», en distorsion avec la réalité.
Une autre personne qui n’aura pas développé ce trouble mental, verra des menaces potentielles mais ne fera pas une généralisation abusive centrée sur sa personne, elle arrivera à relativiser.

Entre équilibre et déséquilibre

On pourrait dire que si l’on prive une personne du sujet/support d’addiction et qu’elle ne le supporte pas, qu’elle en devienne folle alors, c’est qu’elle est «droguée».
Mais on pourrait rétorquer que si l’on prive une personne de nourriture, elle ne le supporterait pas non plus donc, on pourrait la considérer comme «droguée» par les simples repas qu’elle prend !
Ce n’est pas une remarque totalement idiote car même pour les addictions les plus dures, le support addictif (drogue, écran, etc.) est une forme de «nourriture».
Néanmoins, nous pouvons relativiser en identifiant l’intensité de la focalisation et de la réaction lorsque la personne est privée du support.
Si elle ne fait que penser à la nourriture, c’est qu’elle a dépassé le stade de l’équilibre. Ou si encore elle ne fait que penser à être connectée, à jouer, à surveiller ce que font les autres, etc. c’est qu’elle a dépassé le stade de l’équilibre.
Si notre cerveau ne pense qu’à une seule chose (même lorsque c’est à l’amour), c’est qu’il y a un déséquilibre (trouble mental).

Alors, survie ou pas survie ?

N’oublions pas que si l’on focalise sur une seule chose, c’est parce qu’ainsi, on a l’impression de mieux maîtriser notre «survie» avec une seule chose à gérer plutôt que 50 000 qui peuvent nous tomber dessus.
Par exemple, pour les personnes atteintes de TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif), plus elles font le mouvement qui les rassure et qu’elles maîtrisent, plus elles ont le sentiment d’assurer leur «survie». Mais cette «mono-focalisation», qui au départ semble assurer la «survie», finit par devenir nocive en «dévorant» la personne (destruction de cellules pour les drogues physiques, détérioration des capacités mentales, épuisement, stress, etc.).

Suite de l’article : L’addiction vue par le prisme du « survisme » (part.2)

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