LA DÉPENDANCE AFFECTIVE OU L’EMPRISE INSIDIEUSE DES ÉMOTIONS SUR LA VIE

LA DÉPENDANCE AFFECTIVE OU L’EMPRISE INSIDIEUSE DES ÉMOTIONS SUR LA VIE

J’ai longtemps hésité à écrire ce papier sur la dépendance affective, cela pour une raison bien précise : je me suis tout bonnement « faite avoir » par cette addiction, à la fois silencieuse et omniprésente. Et le pire dans tout cela, c’est que j’étais certaine d’être une personne qui ne tomberait jamais dans le panneau ! Et bien si, ça m’est arrivé…

Dépendance affective ou dépendance émotionnelle

Avant de relater mon expérience personnelle et professionnelle de cette dépendance, laissez-moi vous donner quelques précisions sur le sujet. Le terme de dépendance affective (ou dépendance émotionnelle) désigne le fait de dépendre du comportement d’une autre personne pour se sentir bien, utile, voire même vivant. De nombreux signes peuvent indiquer qu’une personne est dans ce cas.

Quelques signes de la dépendance affective

Tout d’abord, elle est susceptible d’avoir de nombreux comportements excessifs : se surpasser, s’abandonner pour l’autre, le faire passer avant tout le reste, penser à l’autre de sorte que sa propre vie s’arrête…
Ensuite, elle a des pensées récurrentes, qui tournent en boucle : « Pourquoi il ne m’aime pas ? », « Je dois en faire plus »…
Enfin, elle vit de plus en plus de sentiments désagréables au fil du temps, tels que l’impression de se sacrifier sans rien recevoir en retour, ressentir de la tristesse, de la frustration, de la colère, de la culpabilité ou de la honte lorsqu’elle pense à la situation. Ces indices sont les plus communs, mais il en existe des centaines d’autres, le principal étant une perte de contrôle des ressentis, conduisant à un mal-être général.

Au début, j’étais sur un petit nuage

Pour imager cela, quoi de mieux qu’une expérience personnelle ! Je vais vous faire part de ce qu’il m’est arrivé il y a peu de temps. C’était à une période où je ne me sentais pas particulièrement épanouie professionnellement. Je précise cela car mon expérience professionnelle à ce sujet m’a confirmé que ce genre de situation a une incidence presque systématique sur la dépendance émotionnelle. Donc, je me trouvais dans une situation peu stimulante, et pile à ce moment (rien n’arrive sans raison selon moi), une personne que je connaissais sans plus m’a contactée et rapidement nous nous sommes mis à discuter. Cette relation était une véritable bouffée d’oxygène pour moi ! Quelqu’un s’intéressait à moi, me faisait des compliments, passait du temps avec moi… tout cela me faisait un bien fou. Pendant quelques temps, je me suis retrouvée sur un petit nuage. Tout était parfait, je me sentais enfin vivante. J’avais une raison de me lever le matin : ses messages.

Je suis passée du paradis à l’enfer

Malheureusement, le conte de fée a commencé à s’effriter lorsque l’autre personne a montré des signes de détachement envers moi. Il s’est mis à moins m’écrire, moins s’intéresser à moi. J’ai vécu cela comme un tsunami émotionnel. En très peu de temps, cette personne m’a fait passer du paradis à l’enfer. Dans les faits, cela arrive, c’est ok. Malheureusement, j’étais devenue « accroc » à lui. Je me suis mise à lui courir après, à dire oui à tout ce qu’il me demandait, à être disponible quand ça lui chantait et à accepter des choses qu’en temps normal je n’aurais jamais acceptées une seule seconde ! J’étais méconnaissable et le pire, c’est que je ne m’en rendais absolument pas compte ! J’étais tellement dépendante de lui que tout cela me paraissait normal. Ça devenait même nécessaire d’agir comme cela. Je crois que j’aurais été prête à tout pour le garder près de moi, pour qu’il continue à me regarder et à me prêter de l’intérêt.

Je suis devenue méconnaissable

Plus le temps passait, plus les moments de joie étaient rapidement remplacés par une intense tristesse. J’ai ensuite commencé à « psychoter ». Je passais mon temps sur mon téléphone pour voir s’il se connectait sur les réseaux sociaux ou encore s’il avait lu mes messages. Pire, je disjonctais lorsque je le voyais « Liker » des photos, principalement celles de son ex-petite-amie. Je me disais « Ça y est, il recouche avec son ex, il me l’a fait à l’envers… ». Méconnaissable…

J’ai ouvert les yeux grâce à une phrase « électrochoc » !

Je crois que je serais devenue folle si une amie, avec qui j’ai fait mes études d’hypnothérapie, ne m’avait pas mise face à la situation. En effet, un jour elle m’a dit : « Je n’aurais jamais pensé que toi, une personne avec autant d’amour propre habituellement, puisse accepter ça. ». Cette phrase a été comme un électrochoc ! Suite à cela, j’ai décidé de passer un week-end seule, en coupant tout moyen de communication, pour faire le point sur la situation. Et là, ce fut comme si j’ouvrais les yeux suite à un coma qui aurait duré une année entière. J’ai pris conscience de plein de choses. Tout d’abord que ma dépendance à cet homme était indéniable. Ensuite, j’ai compris que j’avais vécu tout ce temps dans un grand climat d’angoisses et de peurs. J’avais peur qu’il m’abandonne, peur de lui déplaire, de ne pas être assez bien, qu’une autre prenne ma place… J’étais dans un état d’insécurité permanent, à cause de cette dépendance à l’autre.

J’ai pris conscience que j’étais mentalement et physiquement accroc

À ce moment-là, une question m’est soudainement venue à l’esprit : « Comment et par quel procédé ai-je pu en arriver là ? ». La réponse était assez claire. C’était une période de ma vie où je me sentais fragile émotionnellement. En effet, rien ne me stimulait vraiment, ma vie ne me plaisait guère et n’accomplissant rien, j’avais tendance à me dévaloriser constamment. Dans cette ambiance générale, le jour où quelqu’un s’est intéressé à moi, j’ai succombé dans la seconde.

Je trouvais en lui tout ce que je ne trouvais pas en moi. Il a comblé, malgré lui j’en conviens, mes failles. J’ai donc décidé de stopper tout net cette relation qui était devenue semblable à une addiction, à une drogue : j’étais mentalement et physiquement accroc. J’avais constamment l’envie et la peur de « replonger ». C’est là que je me suis dit que la bonne question n’était pas « Pourquoi ? », mais plutôt « Comment ? », comment faire pour s’en sortir ? J’ai décidé de faire un travail sur moi et sur ce qui m’a conduite à vivre cette situation, ce qui m’a fait réfléchir de manière globale à la situation.

Mon ego m’a sauvé de la dépendance affective

Lorsque j’ai pris conscience de ma dépendance affective, j’ai tout d’abord effectué une liste de ce que cette relation m’apportait de positif et de ce qu’elle me faisait subir. Et là, j’ai pris une immense claque. La liste de choses négatives était tellement longue que j’ai eu un sursaut d’ego et je me suis dit, plus jamais ça ! Je m’aime beaucoup trop pour accepter ça, de qui que ce soit ! De plus, la vie étant bien faite, au même moment une opportunité professionnelle s’est présentée à moi. Cela a eu pour conséquence de regonfler mon ego, de me rappeler que j’étais quelqu’un de fort qui pouvait accomplir de grandes choses et que j’étais pleine de ressources. L’effet a été immédiat : je n’ai pas besoin de l’attention de cet homme pour exister, j’ai tout en moi.

Aujourd’hui, je reste vigilante

Toutefois, et malgré le fait que ça aille bien aujourd’hui, je fais encore attention à cette addiction qui fut comme une drogue pour moi. Lorsque je sens que j’ai envie de lui écrire ou de savoir ce qu’il fait, je regarde cette liste avec ce qu’il m’a fait subir et je me reprends. Petit à petit, à force de faire cela, je pense de moins en moins à lui et, ce qui est finalement ironique, c’est que le fait de faire face à mon angoisse d’être abandonnée par lui a été quelque chose de terrible et pourtant aujourd’hui je ne changerais pas ce qu’il s’est passé, car le fait d’affronter cette situation m’a enlevé un poids énorme !

Il n’y a que nous-même qui pouvons remplir ce vide

J’ai pris mon courage à deux mains pour écrire cet article et dévoiler mon histoire car je souhaite montrer que cela peut arriver à n’importe qui, même à quelqu’un qui pensait être à l’abri de cette addiction. Cette addiction est très insidieuse, c’est là qu’est le danger. Bien-sûr, cela ne signifie pas qu’il faut n’avoir aucune relation d’interdépendance avec les autres, bien au contraire ! Nous sommes des êtres interdépendants, nous avons besoin de relations sociales. Toutefois, il est nécessaire de ne pas oublier que, même si nous avons besoin des autres, la seule personne qui peut « remplir » le vide qui existe en nous ou nous apporter ce qui nous manque n’est pas l’autre, mais bien nous-mêmes…

« Une VIE pleine de SENS ! » communique sur les thèmes de la dépendance et du développement personnel.
L’objectif de ce site est de proposer des ressources pour aider ceux qui le souhaitent à se défaire durablement d’une addiction, grâce entre autre, à une meilleure compréhension des mécanismes de la dépendance et l’utilisation d’outils de développement personnel, afin d’agir de manière concrète et tangible.
Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de la santé. Les auteurs des textes de ce site ne sont pas des professionnels de la santé, sauf ceux identifiés, présentés et reconnus comme tels. L’intérêt que vous leur accordez ne doit pas vous dispenser de faire bon usage de votre discernement, de vos expériences personnelles et de votre esprit critique.

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