Après s’être libéré d’une dépendance excessive (addiction), quoi faire ?

Après s’être libéré d’une dépendance excessive (addiction), quoi faire ?

Voici une question fondamentale. Après avoir été dans une dépendance excessive (addiction) pendant des années, comment apprendre à vivre sans cette dépendance et surtout à compenser celle-ci sans transférer ce comportement addictif sur un autre comportement tout aussi addictif ?

Commencer par changer son environnement

La difficulté pour une personne dépendante, est de trouver d’autres plaisirs plus mesurés qui ne soient pas destructeurs. La clé pour réussir cette transition réside, entre autre, dans la qualité de l’environnement. Changer son environnement est une des étapes principales pour prendre conscience d’un nouveau champ des possibles. Ce processus n’est pas toujours simple et il est fort probable que des résistances apparaissent les premiers temps.

La personne dépendante répond généralement aux attentes de son environnement et son environnement répond aux siennes, c’est un va et vient psychologique pernicieux dont il faut réussir à se défaire.

Il est donc indispensable de se créer un nouvel environnement plus sain qui permettra de se reconstruire.

Se réapproprier sa vie

Après plusieurs années de dépendance excessive, se retrouver dans une situation inconnue et donc particulièrement anxiogène est inévitable. Différents aspects de la vie peuvent changer : l’argent retrouvé (celui qui n’est plus dépensé dans la dépendance), un nouveau temps à occuper (celui qu’on ne passe plus dans la dépendance), un environnement nouveau à se réapproprier, de nouvelles relations, etc. Autant de nouveaux éléments inconnus avec lesquels il va falloir se familiariser.

Paradoxalement, même si ces changements mènent à une vie faite de plus d’autonomie et plus de liberté, ils peuvent être angoissants et anxiogènes et mener à une rechute. Ce nouveau fonctionnement est inconnu pour le cerveau qui préfère rester dans un mal-être connu, plutôt que de s’aventurer vers un bien-être inconnu.

C’est pourquoi, au-delà du travail de « désintoxication » (à un comportement pathologique ou à une substance), il est nécessaire de travailler sur « l’après-dépendance » afin d’éviter les rechutes, en se faisant accompagner vers de nouveaux horizons.

Après un programme de « désintoxication », il est nécessaire de trouver des ressources extérieures autres que celles des centres de désintoxications ou des éventuels groupes de discussions ou tout autre aide liée à votre dépendance excessive. En effet, même s’ils sont utiles et nécessaires, rester trop longtemps en lien avec ce type d’accompagnement, donc en relation avec des anciens dépendants ou avec votre « statut » d’ancien dépendant, peut avoir un effet opposé à celui escompté. Cela vous amènera sans cesse à vous identifier à votre ancien état de personne dépendante et ne favorise pas l’estime de soi.

Il est bien-sûr bénéfique de travailler à devenir une personne totalement autonome et indépendante (émotionnellement), mais, sans être dans le déni de vos failles, il faut surtout parvenir à identifier ce qui vous anime. Cela vous permettra de ne plus avoir une image dévalorisante de vous-même et ainsi vous serez en capacité de reconstruire une vie en accord avec vos émotions et vos réels désirs.

Bien choisir son environnement

Il est vraiment important de bien choisir son environnement et d’être très vigilant quant à vos relations, en effet, veillez à ne plus fréquenter des personnes aux comportements excessifs. Si je reste connecté à des personnes excessivement dépendantes, je risque de me complaire et d’alimenter cet état de dépendance ou de basculer dans une autre dépendance excessive.
Néanmoins, précisons que, même si c’est un des facteurs principaux, le fait de retrouver un environnement saint, n’est pas forcément suffisant pour stopper une dépendance. Il faut avoir aussi la détermination d’accueillir réellement ses émotions douloureuses (émotions difficiles à gérer) qui étaient jusqu’alors organiquement associées à cette compulsion irrépressible (dépendance) qui agissait sur une mémoire associative.

Donc oui, l’environnement est l’une des principales clés de la guérison, à condition qu’il soit clairement identifié et choisi pour les bonnes raisons.
Trouver le bon environnement, permet à l’ancien dépendant de ne pas rechuter et d’apprendre à se réapproprier sa vie. Il est important de mettre en place des ressources sur lesquelles il pourra s’appuyer en cas de crise. Par exemple, informer une tierce personne de votre sevrage qui pourrait vous écouter ou vous rencontrer dans les moments particulièrement anxiogènes, est plutôt souhaitable.

En faisant l’effort de s’ouvrir, un pas à la fois, sur un nouvel environnement sain, la personne dépendante apprendra qu’il existe du plaisir ailleurs, sans que celui-ci soit nécessairement excessif.

Quoi faire après s’être libéré d’une dépendance excessive ?

S’exprimer et prendre soin de soi bien sûr !

Les divers psychothérapies (individuelles ou de groupes) sont des méthodes efficaces pour libérer la parole tout en étant bien accompagné et encadré par un(e) professionnel(le).

L’expression de soi à travers l’art me paraît être aussi une bonne voie, elle permet de s’ouvrir et se « rencontrer ». L’art thérapie permet de libérer des émotions, tout en étant bien encadré, ce qui est conseillé lorsqu’on est encore fragile. Le fait d’être encadré permet d’éviter le piège de déplacer son ancienne dépendance dans un autre comportement addictif. L’écriture, la peinture, la sculpture, le théâtre, le dessin, la danse, etc. autant de disciplines qui ouvrent une porte vers la libération de la parole et du corps.

Pour les personnes ayant plus de difficultés à libérer la parole, d’autres voies possibles mènent à un apaisement, condition indispensable pour se « recentrer ». Ces voies sont : Le sport, la marche dans la nature, la méditation, la contemplation, la sophrologie, le yoga, etc.

Il existe aussi pléthore « d’outils » de développement personnel qui participeront au bien-être et à l’évolution de chacun.

Il semble indispensable de s’ouvrir sur de nouvelles activités car, au-delà des bienfaits que la personne va en retirer, ces activités vont la propulser vers des personnes qui sont dans une belle énergie constructive. Un nouveau lien social se crée, de nouvelles connexions se font et grâce à cela, la guérison devient possible. Plus l’environnement est bon et sain, moins la personne ressentira l’envie de retourner dans ses anciens modes de fonctionnement. Ainsi, elle peut partager des passions et des loisirs différents avec ce nouvel environnement et ces nouvelles relations.

« Une VIE pleine de SENS ! » communique sur les thèmes de la dépendance et du développement personnel.
L’objectif de ce site est de proposer des ressources pour aider ceux qui le souhaitent à se défaire durablement d’une addiction, grâce entre autre, à une meilleure compréhension des mécanismes de la dépendance et l’utilisation d’outils de développement personnel, afin d’agir de manière concrète et tangible.
Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de la santé. Les auteurs des textes de ce site ne sont pas des professionnels de la santé, sauf ceux identifiés, présentés et reconnus comme tels. L’intérêt que vous leur accordez ne doit pas vous dispenser de faire bon usage de votre discernement, de vos expériences personnelles et de votre esprit critique.

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